RAPPORT DE STAGE
Septembre / Novembre 1997
Sous la direction de Mr Amiel
Université Montpellier II
Formation au D.U. Technicien Specialise en Aquaculture
Station Méditerranéen d'Environnement Littoral
CREUFOP - SETE
Parc Astérix : Delphinarium
Julien Marchal
Introduction
J'ai voulu dans ce rapport faire quelque chose de différent.
En effet, lorsque j'avais vu que tous les rapports se ressemblaient, j'ai décidé de partager mon intérêt à l'acoustique et le sonar (écholocation) du dauphin.
Mon travail de cet été était l'écoute et l'enregistrement des orques (Orcinus orca) en Colombie Britannique (Canada), cela m'a motivé à comprendre comment les dauphins pouvaient émettre des sons et créer l'écholocation.
Evidemment, je suis obligé de parler de la « vie au delphinarium (partie I) et du « dauphin souffleur » (Tursiops truncatus : partie II) car le travail en tant que stagiaire doit être partagé à l'extérieur du Parc Astérix.
C'est dans la dernière partie (partie III) que mes connaissances sont exploitées.
Le sonar ou l'écholocation montre une véritable adaptation à la vie marine depuis des millions d'années, le dauphin a su parfaitement l'adapter pour connaître son environnement et chasser sa proie.
Il fallait mettre tout ça au clair.
Maintenant, à vous de juger.
_____
A - LA VIE AU DELPHINARIUM
1. Généralités sur le personnel
Nous avons dans le delphinarium du Parc Astérix deux groupes différents :
· le premier groupe est composé de soigneurs-dresseurs : huit personnes en saison et quatre ou cinq en hors saison
· le deuxième groupe est l'hydraulique : composé de quatre personnes toute l'année
2. Description du delphinarium
La superficie totale des bassins (bassin principal, bassin hôpital et bassin quarantaine) est de 1 044,5 m2 pour un volume d'eau de 3 400 000 litres d'eau.
La quantité de sel pour obtenir une salinité équivalente à celle du milieu marin est de 100 tonnes. La longueur du bassin extérieur est de 45 mètres pour une largeur de 17, 5 mètres.
Sa profondeur est de 4,5 mètres aux endroits les plus profonds et de 2,5 mètres aux endroits les plus étroits.
La température de l'eau est de 12 °C minimum en hiver et de 26 °C en été.
L'épaisseur des vitres subquatiques est de 3 centimètres d'épaisseur et posent un réel problème pour les dauphins.
En effet, le piétinement dans la coursive, les cris des enfants, les mains qui grincent sur les vitres ou les chocs métalliques créent un stress aux dauphins (d'après le « rapport d'évaluation des niveaux acoustiques sonores et ultrasonores dans le bassin des dauphins » au Parc Astérix de Mme et Mr Dziedzic).
Un projet pour l'année prochaine est d?ajouter un vitrage supplémentaire (avril 1998).
En hors saison (octobre-avril) les dauphins ne sont pas dérangés.
La capacité des gradins est de 2 000 personnes mas on peut les remplir jusqu'à 3 000 personnes le week-end.
La fréquence du spectacle est de l'ordre de 85% des entrées. Donc, sur le plan économique et financier, le delphinarium est indispensable pour le Parc Astérix.
3. La qualité d'eau
L'eau de mer est constituée de différents produits chimiques et de sel ajouté à l'eau douce qui est constamment filtrée.
Schéma du filtre.
Arrivé à la sortie du filtre, on va rajouter les produits suivants :
· NaCl ou Chlorure de Sodium
· AlSO4 ou Sulfate d?Alumine, comme floculant et baisser le pH
· NaOh ou Soude pour augmenter le pH
· Hcl ou Acide Chlorhydrique, pour réguler le pH
· NaOCl ou Hypochlorite de Sodium
· CuSO4 ou Sulfate de Cuivre comme algicide, contre l'augmentation des algues en grosse quantité
· le Sel s'introduit directement dans le bassin
4. Le contrôle de l'eau
Tous les jours, les deux équipes calculent et analysent la température, le chlore libre, le chlore total et le chlore combiné (chlore combiné = chlore total / chlore libre) et le pH.
Tous ces relevés sont indispensables pour le bien être des animaux car une différence relevée peut causer la mort.
Les paramètres minimum et maximum à ne pas dépasser sont indiqués ici :
| |
Chlore Libre |
Chlore combiné |
Chlore total |
| Max |
1.5 |
1.0 |
2.5 |
| Min. |
0.5 |
- |
0.5 |
| Intervention Immédiate : |
2.0 |
2.0 |
4.0 |
| |
Ph |
Sel |
Température |
| Max. |
8,2 |
35 g-L |
25°C |
| Min. |
7,5 |
25 g-L |
12°C |
| Int. Immé. |
- |
- |
12°C |
5. Hygiène
Les règles d'hygiène sont très strictes dans les locaux du delphinarium.
Du matin jusqu'au soir, tout est soigneusement lavé avec des produits efficaces contre les bactéries ; comme par exemple le chlore pure.
Mais il ne faut pas oublier que le chlore fait partie de la famille des « Organochlorés (PCB, DDT,?) », c'est à dire la première menace polluante dans le monde rejetée par les industries et affectant les cétacés.
Son utilisation en une année dans le delphinarium est énorme.
6. Alimentation et Vitamine
Les dauphins du Parc Astérix mangent du poisson décongelé (Capelans, Harengs, Maquereaux et quelques fois Céphalopodes) avec trois et neuf kilogrammes par jour selon le dauphin.
Etant donnée que la décongélation fait perdre les vitamines indispensables à la santé des dauphins, on enrichit généralement le premier poisson de la journée en comprimés.
On nourrit les dauphins quatre fois par jour ou plus selon les spectacles en pleine saison.
7. Analyse Sanguine
Les prises de sang sont effectuées dans le « bassin hôpital » où l'on vide celui-ci de son eau.
La poussée d'Archimède provoque une pression de leur cage thoracique et occasionne la mort rapidement si les secours n'arrivent pas à temps pour les repousser à la mer.
C'est pour cela que les prises de sang, tous les deux mois environ, doivent être efficaces et rapides.
Lors de cette opération, les dauphins sont stressés physiquement et mentalement. Les dresseurs sont obligés de tenir fermement la caudale pour introduire la seringue.
De plus en plus, on demande aux dauphins de montrer la caudale pour ne pas être obligé de les isoler dans le « bassin hôpital ». Mais cela demande du temps et de la patience.
8. Les dauphins du Parc Astérix
¨AMAYA : c'est la femelle dominante du groupe. Elle ne possède aucune trace sur le corps et seule sa nageoire pectorale droite possède une morsure. Elle a mis au monde deux femelles : ATHENA et AYA. Son âge est d'environ de treize ans et elle est arrivée au Parc le 18/06/1988 en provenance de Cuba. Elle est de couleur très claire par rapport aux autres dauphins, mis à part ses deux filles.
¨ ATHENA : elle est née le 28/07/1993. Elle possède quelques marques sur le « melon » et sur la partie dorsale de la queue. Elle ressemble beaucoup à sa mère et la confusion est possible. Sa couleur est claire et sa nageoire caudale est sans morsure.
¨ AYA : elle est née le 04/07/1996 de parents AMAYA et PICHI. Sa taille est encore très petite et ne possède aucune trace sur le corps. Hélas, au cours du mois de novembre, AYA s?est blessé le rostre en voulant forcer une grille pour s'échapper et fut traumatisée. A partir de six mois environ elle a commencé à manger du poisson en plus de son lait maternel. Elle est très joueuse et ne participe pas encore au spectacle.
¨ PITCHI : il est arrivé au parc le 18/06/1988 de Cuba et âgé d'environ quatorze ans. C'est le mâle dominé par l'ensemble du groupe. Il est balafré sur tout le corps et sa caudale est coupée de partout. C'est peut-être la raison qui pousse à avoir un contact joyeux et tendre avec les dresseurs. Il est adoré par toute l'équipe et même les stagiaires.
¨ BEAUTY : elle est arrivée au Parc le 13/11/1994 en provenance d' »Holiday Parc » en Allemagne. Les conditions de vie en Allemagne étaient désastreuses et la présence de champignons cutanés autour de son évent en est un exemple. BEAUTY perdit un petit à la naissance le 28 juin 1996. Elle a le corps très longiligne. Son âge n'a jamais été su mais ils pensent qu'elle aurait vingt sept ans.
¨ CINDY : elle était avec BEAUTY dans le même bassin en Allemagne avant de venir ici. CINDY possède aussi des « champignons » dans l'évent et semble souvent mal à l'aise. Elle est tout le temps avec un cerceau noir qu'elle ne quitte jamais sauf lorsqu'on le lui enlève ou pendant les spectacles. Elle reste souvent seule en émettant un son caractéristique de son évent ; c'est triste de l'entendre dans ces moments là. CINDY perdit un petit après cinq jours d'existence le 20 juillet 1996.
9. Dressage
Lors du dressage, le spectateur voit :
® PICHI, AMAYA et AYA à sa gauche de la grande plage
® CINDY et BEAUTY au centre
® GUAMA et ATHENA à sa droite
Le groupe garde la même place lors des spectacles et les deux mâles, PICHI et GUAMA, doivent être éloignés le plus possible.
Le dressage est au nombre de deux par jour, le matin et l'après-midi. Les deux repas « gratuits » sont placés avant le premier dressage et en fin de journée.
Sur le document ci-joint (document a.), nous avons le « Bilan d'Apprentissage » correspondant à GUAMA. Tous les dauphins du bassin ne font pas la même chose.
Ce « Bilan d'Apprentissage » a été rédigé par Véronique Fournier et Laetitia Kein en 1997.
B) TURSIOPS TRUNCATUS
1. Cétacés Primitifs et Leurs Evolutions
Tout commence pendant le « tertiaire » ( de 65 à 2 millions d'années) où l'on découvre les mers occupées de poissons et de céphalopodes.
Puis, de plus en plus, les mammifères terrestres découvrent cette richesse marine; parmi eux, les « Mésonychidés » : ce sont des animaux à quatre pattes, recouverts de poils et chassant leur nourriture dans l'élément aquatique pour faire face aux prédateurs terrestres qui ne laissent aucun répit.
La silhouette du « Mésonyx » est proche de celle du chien et s'adapte au milieu marin. Le document ci-joint (document b) montre un animal long de deux à trois mètres, queue comprise, il y a 52 millions d'années.
Squelette d'Anbulocetus Natans (52 millions d'années)
Dès 55 millions d'années, la morphologie des « Archéocètes », ancêtres des cétacés, se modifie très rapidement dans la vie marine. Par exemple, « l'Ambulocetus », loutre géante, mesure jusqu'à trois mètres et pèse environ 300 kilos (le document b est une ressemblance). Certains d'entre eux occupent les mers. Puis arrivent les « Dorudatidés », genre « d'Archéocètes » évolués avec une taille d'environ cinq mètres et aérodynamique. Hélas, la disparition des « Archéocètes » (dut à l'Antarctique qui s'écarte de l'Amérique du sud) crée un tournant dans l'évolution des Cétacés ; le dernier a disparu il y a 30 millions d'années.
Voilà qu'arrive les « Agorophiidés », ancêtres des cétacés à dents, les Odoncètes. Leurs morphologies ressemblent beaucoup aux dauphins d'aujourd'hui. Ils possèdent dès à présent l'ECHOLOCATION. Les derniers sont morts il y a 2 millions d'années.
La disparition des « Agorophiidés » laisse place aux « Squalodontidés », dont le « squalodon » possède un évent qui se place au sommet du crâne et devient un prédateur redoutable. Il disparaît il y a 6 millions d'années avec leurs cousins, les « Kentriodontidés ». Il y a 25 millions d'années qu'apparaît une période de l'ère de tous les cétacés : le « Miocène ». Ainsi, la branche des « Phocoénidés » (marsouins) et les « Monodontidés » (béluga et narval). Les dauphins se structurent, s'organisent, se développent pour un langage très spécialisé et inédit.
Mais il existe toujours un doute sur l'évolution des Cétacés. En particulier, les Paléontologues ne sont pas d?accord sur les origines des « Physétéroides » (cachalots), les « Platanistoides » (dauphins de rivière) ou les « Ziphioides » (baleine à bec). Les nouvelles découvertes donneront des réponses au « chaînon manquant ».
2. Généralités sur le « Tursiops truncatus »
a. Description
Le «Tursiops truncatus » vient - du latin : « tursio » = marsouin
- du grec : « ops » = visage
et « truncatus » = coupé
Il est plus connu sous le nom de « Grand Dauphin » ou « Grand souffleur », mais étant donné les différents noms donnés à ce dauphin, les scientifiques ont pris le système « binominale » datant du 17ème siècle par « Linné ».
Classe : mammifères
Ordre : cétacés
Sous-ordre : odontocètes (cétacés à dents)
Super-famille : delphinoides
Famille : delphinidés
Sous-famille : delphinidés
Genre : tursiops
Espèce : truncatus
Au total, on trouve 10 familles et 68 espèces dans le Sous-ordre des Odontocètes.
Le « Grand Dauphin » est répandu dans toutes les mers tempérées et tropicales et selon l'habitat, sa taille varie entre deux et quatre mètres, pour un poids de 150 à 600 kg environ. Ses dents font jusqu'à un centimètre de diamètre et sont au nombre de 36 à 54 sur chaque mâchoire. Les nageoires pectorales sont triangulaires (de longueurs moyennes, sombres, minces et d'extrémités pointues). Son aileron est situé au milieu du corps. Sa nageoire caudale possède une encoche médiane. Le Tursiops est de couleur gris foncé sur le dos (moins foncé selon les espèces) pour devenir de plus en plus clair et blanc sur le ventre.
b. Habitat
Vivant dans les eaux tropicales et tempérées, on le rencontre surtout près des zones côtières. Chaque population de « dauphins souffleurs » porte un intérêt quelconque aux déplacements des poissons et en général, il va arriver près des côtes au printemps et rester l'été pour repartir en Automne.
c. Population
Il semble qu'aujourd'hui la population du «Grand Dauphin » soit menacée. Les pièges des « filets dérivants » ou « mur de la mort » et de surexploitation de la pêche sont des menaces qui pèsent sur les dauphins. Les usines polluantes qui rejettent sans cesse leurs organochlorés (PCB, DDT, chlore, ) dans la mer est une véritable catastrophe écologique à long terme.
De même, dut à son « sourire » naturel et joyeux et son attitude aimée de l'homme, il est un animal rentable pour les delphinariums du monde entier. Leurs augmentations en « semi-captivité » semblent aujourd'hui croissantes.
d. Alimentation
Le tursiops ne semble pas difficile sur le choix des proies. Du fait de son système d'écholocation (thème du rapport), il est capable de tout pêcher ; même un poisson benthique caché dans le sable ! Il peut manger des céphalopodes et toutes sortes de crustacés.
Le « Grand Dauphin » ne boit pas car il s'hydrate de l'eau contenue dans les poissons.
e. Organisation Sociale et Reproduction
Le Tursiops est un animal qui vit avec deux ou cent individus. Il est social et solitaire et peut choisir de vivre et mourir dans la même famille ; exemple d'un tel comportement : l'Orque (Orcinus orca).
La mère est aidée par une « marraine » lors de l'accouchement pour pousser le nouveau-né à prendre sa première bouffée d'oxygène à la surface. Leur organisation sociale est en pleine évolution dans leur milieu naturel, visuel et acoustique (voir C) I)1.c) « étude comportementale du dauphin grâce à l'acoustique », car les études étaient surtout axées sur la captivité.
La maturité sexuelle est atteinte entre dix et douze ans chez les mâles et de neuf à dix ans chez les femelles.
La mère met au monde un delphineau après une gestation de douze mois, il mesure environ un mètre. La lactation dure de douze à huit mois et il consomme du poisson à partir de six mois. La reproduction est tous les deux à trois ans et la durée de vie est de trente à trente cinq ans (la moitié d'un Orque femelle qui peut vivre jusqu'à 80 ans !).
f. Reconnaître ce dauphin dans son milieu naturel
Le tursiops possède un crâne imposant, séparé du rostre (bec du dauphin) par un profond sillon frontal, caractéristique de ce dauphin. La difficulté c'est qu'il peut-être parfois en présence d'autres individus hybrides. Mais la rencontre avec d'autres espèces reste assez rare.
Toutes les informations supplémentaires sur la morphologie du dauphin et son comportement se trouve dans le document suivant (document c), d'après Mark Cawardine : « Baleines, Dauphins et Marsouins » aux éditions Bordas (1995).
g. Dauphins Ambassadeurs
Il arrive que les dauphins restent dans les baies restreintes ou des endroits localisés et cherchent le contact avec l'homme. Des exemples sont nombreux dans le monde entier. Mais l'explication reste un mystère. Deux hypothèses sont à discuter :
Ø la première hypothèse repose sur un rejet du groupe et le dauphin seul cherche un nouvel ami, l'homme.
Ø la deuxième hypothèse serait la suivante : lors de la Guerre Froide, de nombreux pays ont utilisé des dauphins comme « arme de guerre » (on parle de l'U.S Navy, mais la France est aussi visée et le garde « Secret Défense ») puis évadés ou rejetés par l'homme, ils ne retrouvent plus leur communauté d'origine.
Pour ma part, je voterais pour la deuxième hypothèse.
h. Physiologie
Chez les dauphins, les « sens » olfactifs et gustatifs sont peu développés. Sa vue est utilisée surtout hors de l'eau, pendant les sauts ou lors du « spy-hopping », c'est à dire regarder autour de soi en sortant la tête de l'eau. Les orques le font régulièrement. Par contre les autres dauphins le font rarement en liberté mais plutôt en captivité.
Sa respiration est lente et les dauphins emploient leurs poumons plus efficacement que nous. Ils résistent mieux aux taux élevés de CO2 dans la circulation sanguine lors des apnées. Ils se laissent glisser en évitant de faire trop de mouvement pour ne pas dépenser trop d 'énergie et garder l'oxygène lors de la remontée. Son nombre d'alvéole pulmonaire est supérieure à l'homme : 150 millions pour ce dernier et 450 millions pour le dauphin. De plus il a une augmentation du taux d'hémoglobine, pigment fixateur des globules rouges.
Sa peau est dépourvue de poil et parfaitement hydrodynamique.
En effet, lorsque le dauphin se déplace, il crée
des turbulences causées par les molécules
d'eau. Mais le derme, situé sous l'épiderme,
est constitué d?orifices qui vont apporter de fines
ondulations et détruire ses turbulences. De plus,
les cellules de l'épiderme sont un parfait lubrifiant
et relâchant de minuscules gouttes d'huile.
C. LE SONAR ET SON ECHOLOCATION
C’est en 1938 que les premiers travaux commencèrent
à propos du SONAR sur des chauves-souris qui émettent
des sons aigus ou ultrasons. Dix ans plus tard environ,
des pêcheurs voulaient attraper des dauphins pour
les aquariums marins. Les filets tendus à 300 mètres
dans leurs directions devenaient inutiles car les dauphins
changeaient systématiquement de direction. Hors
de portée de leurs cris, les hommes découvrirent
le sonar du dauphin.
Les dauphins peuvent « voir avec ses oreilles
» grâce à l’écholocation et
dès l’âge d’un mois. De plus, cette écholocation
très développée, permet aux dauphins
de détecter des obstacles variés sur leur
nature et leur forme géométrique. Il utilise
alors, des ultrasons ou « clics » en continu
pour connaître son environnement et tous les animaux
marins. Ces « clics », émis en fréquence
variés sont renvoyés par l’ECHO de l’obstacle
et analysés par un procédé unique.
Le schéma du document suivant (document d. de
Gérard Soury, dans son livre « Dauphins en
Liberté (Editions Nathan, 1997) donne un aperçu
du système d’écholocation élaboré
par les dauphins : ses « clics », «
l’écho » et les réponses obtenues.
Mon plan est alors tracé : en première
partie les « sons » et les « clics »,
puis « l’écho » reçu et enfin
en dernière partie, les réponses obtenues
grâce à l’écholocation.
1) Les Sons, Clics et Fréquences du dauphin :
1. Les Sons :
La propagation du son dans l’eau provient d’une série
de compressions et de dépressions des molécules
d’eau.
Plus le milieu est dense et plus la distance et le temps
est court entre une molécule et l’autre, plus il
y a propagation du son. De même, le milieu et la
température de l’eau influence sur la vitesse du
son. (Explication par les schémas du « document
e », tirés de l’Encyclopédie Cousteau,
Messages invisibles (Editions Robert Laffont, 1976), Le
Monde des Océans.
a. L’homme et le dauphin :
Il faut tout d’abord savoir qu’il règne en permanence
un bruit de fond dans la mer et que le
son se déplace cinq fois plus vite que dans l’air.
Chez l’homme, le son capté par les deux tympans
avec un décalage entre eux de 1/2 000 par seconde,
va être transmis au cerveau. Il pourra ainsi déterminer
la source d’émission et décider sa réaction.
Mais dans l’eau tout est différent. Les conduits
auditifs et nos tympans se remplissent d’eau, et nos oreilles
internes ne sont pas isolés des os crâniens.
Nous sommes incapables de savoir d’où arrive les
sons. Le décalage est de 1/1 000 par seconde et
non plus de 1/2 000. Pourtant dans la mer, le son se propage
très vite. En milieu atmosphérique, le corps
de l’homme réfléchi le son mais dans l’eau
il absorbe et transmet directement le son aux os du crâne.
Pour le dauphin, c’est différent. Ses organes
auditifs internes sont isolés des os du crâne.
Ils sont logés dans une bulle tympanique, elle
– même isolée par un coussin de mousse graisseuse
saturé de micro – bulle d’air. Ce coussin d’air
empêche la propagation des sons du crâne mas
les « réfléchis » pour les oreilles
soient isolés l’une de l’autre. Ce décalage
est indispensable pour savoir ou se situe le son. Seulement
voilà, la perception tympanique maximale des odontocètes
est environ de 20 000 Hz (l’homme se situe entre 2 et
20 000 Hz), mais nous avons découvert qu’ils pouvaient
entendre jusqu’à 300 000 Hz ! (Hz signifie «
hertz »). Cette formule est utilisée pour
le nombre de « cycles » ou « vibrations
» par seconde. Donc 300 000 Hz ou 30 kHz signifie
300 000 vibrations par seconde.
C’est par rapport à la perception humaine que
l’on distingue deux types de sons :
les « ultrasons » que l’on situ au-delà
de 20 000 Hz
les « infrasons » qu’on situe entre 0 et 20
Hz
Les dauphins ne possèdent pas de cordes vocales.
Ces ondes acoustiques sont fabriquées le long du
conduit nasal par trois pairs de sacs aériens :
vestibulaire, nasofrontal et prémaxillaire. Le
dauphin en contrôle musculairement le débit
et c’est le passage de l’air d’un sac à l’autre
qui crée les sons. Ces sons sont amplifiés
par le « melon » du dauphin (explication détaillée
dans la partie « clics » I)1)2)) grâce
à ses trois sacs aériens.
Les autres sons sont produits grâce à leur
larynx situé dans le canal de l’évent qui
peut vibrer selon le désir des dauphins.
Dans le delphinarium du Parc Astérix, j’ai déjà
vu le dauphin lâcher des bulles de son évent
en émettant un son. De plus, des claquements de
mâchoires sont souvent observé, ce qui crée
un fort son audible à l’oreille humaine. Il ne
faut pas oublier que si le dauphin ouvre son évent
sous l’eau, ses poumons se remplissent d’eau et meurt.
Tout se fait en circuit fermé.
Mais ces deux comportements observés et les sons
émis par les dauphins lors des spectacles grâce
à l’évent se font en captivité. Ces
comportements n’ont jamais été observés
en liberté.
Les dauphins ne vont pas émettre des sons par
l’évent en sortant la tête de l’eau dans
leur milieu naturel. Les rares dauphins qui sortent la
tête de l’eau pour observer ce qui se passe autour
de soi (les « spy-hopping ») sont les orques,
mais jamais pour sortir des sons ! J’en suis témoin
!
Pour que les dauphins puissent entendre au-delà
des 20 000 Hz en haute fréquence, ils ont dû
développer un mode auditif perfectionné.
Ce mode auditif est dans la structure de la mâchoire
inférieure qui joue le rôle de récepteur
des ondes acoustiques et la transmission de l’oreille
interne, le nerf auditif et enfin le cerveau. C’est une
véritable « fenêtre acoustique ».
Une étude plus poussée est expliquée
dans la partie « Echo » C/2 du rapport.
b. Matériel utilisé pour l’écoute
des sons :
Les premiers biologistes qui écoutèrent
les sons dans la mer se situaient dans les années
cinquante. Puis, les « micros sous-marins »
ou « hydrophone » se perfectionnèrent
pour écouter les sous-marins ennemis lors de la
Guerre Froide. Les militaires étaient obligés
de différencier les sons des cétacés
aux sons des sous marins ennemis. Ce n’était pas
une partie de plaisir !
Chaque scientifique utilise son propre matériel
:
- Helena Sidmonds et Paul Spong étudient les
orques (orcinus orca) de la communauté nord du
Vancouver dans le détroit de Johnstone, en Colombie
Britannique, grâce à la « photo-identification
» et leurs « sons ». Les hydrophones
CELESCO BC-10 ou BC-50 sont connectés par câbles
à des émetteurs radios de type VHF ou F.M.
(ITC FX Dash 120) placés sur les cotes et alimentés
par des batteries de 12 volts. Les signaux émis
par une antenne sont captés par des radios de type
VHF ou F.M. (Realistic Patrolman SW 60) connectées
à un magnétophone SONY. Un enregistrement
est systématiquement débuté lorsqu’un
son d’Orque est entendu et jusqu’au 6 kilomètres.
- Les docteurs Dziedzic ont utilisé au «
Parc Astérix » un hydrophone ITC 8073, relié
à un amplificateur de tension à gain variable,
un oscilloscope TEKTRONIX 2430 A, un magnétophone
NAGRA IV-SJ, un analyseur TAKEDA RIKEN’S TR 9404 et une
table traçante HP. La fréquence des hydrophones
étaient de 25Hz à 10Hz (ou 10 000Hz) et
250 Hz à 100 kHz (ou 100 000 Hz, résolution
en fréquence de 25 et 250 Hz respectivement).
D’autres scientifiques, comme Christophe Clark, bio
– cousticien de l’Université de Cornell, aux Etats-Unis,
inscrit l’onde sonore sur un sono-gramme (de la même
manière d’un électrogramme) et lit le graphique
pour déterminer leurs sons.
Aujourd’hui, l’ensemble des scientifiques utilise de
plus en plus d’appareils sophistiqués qui leur
permettent d’entendre des ultrasons nouveaux. C’est en
pleine évolution et de ce fait, le comportement
des dauphins qui était toujours visuel devient
acoustique. Vous pouvez voir des représentations
graphiques en ordinateur sans le document f. ci-joint.
Il Provient du livre Rendez-vous chez les dauphins de
Henri Capra et Jon Kershaw, éditions Glénat,
(1995).
c. Etude comportementale du dauphin grâce à
ses sons :
Les Odontocètes utilisent deux grandes catégories
de sons :
? pour la communication
? des « clics » ou ultrasons utilisés
par le Sonar afin de connaître son environnement
et la détection d’une proie.
Pour les premiers sons, les dauphins s’adressent en
permanence au groupe car leur société est
structurée et sociale. Chaque dauphin a sa signature
sonore, son identification personnelle.
Des sons émis 20 ou 30 fois par seconde selon les
espèces, pour exprimer son état émotionnel
ou la présence de poissons, le danger d’un prédateur,
l’arrivée d’une baleine, etc…
Les conversations sont très précises et
l’ordre des phrases tient compte de la position hiérarchique
du groupe.
Les activités d’un groupe ont chacune des émissions
sonores précises. Par exemple, si les deux groupes
de males décident de se battre pour faire fuir
l’intrus, nous avons une forte fréquence des ondes
acoustiques. Un dauphin stressé, échoué
ou harponné, émettra un son accéléré
caractéristique de détresse. On a déjà
constaté que les dauphins créent un son
particulier permettant l’arrivée du groupe afin
de chasser un prédateur face à un dauphin
en difficulté.
Lorsque les mâles quittent le groupe maternel
pour l’accouplement, ils sont obligés de signaler
leur identification afin de ne pas rencontrer une femelle
dont il est issu. Ils gardent leurs sons maternels. Ainsi,
lors d’une rencontre avec une femelle, le mâle décline
le nom de sa mère st celui de son groupe. Les femelles
en ont moins besoin car elles passent le restant de leur
vie ensemble.
Nous avons chez les dauphins un véritable répertoire
et l’apparition de dialecte extraordinaire. L’étude
acoustique a de beau jour devant elle.
La deuxième catégorie de « sons
» sont les « clics » utilisés
en grande partie pour l’écholocation et peu pour
la communication.
2. Les clics
Les « ultrasons » ou « clics »
sont des sons que l’homme ne peut plu entendre au-delà
des 20 000 Hz . Ces ondes acoustiques peuvent devenir
rapides et précises destinées à l’écholocation.
Les clics sont des sons efficaces. Ils apparaissent sous
forme de trains d’impulsions de courtes durées
et de fréquences choisies. Ils sont produits dans
les mêmes sacs aériens (vestibulaire, nasofrontal
et prémaxillaire) que les sons ordinaires.
On estime la portée maximale à 800 mètres
mais la distance du sonar dépend de l’énergie
des « clics » produits et l’intervalle de
temps entre ces signaux. En bref, la mesure séparant
deux cliquetis permet d’estimer la longueur maximum à
800 mètres.
Le dauphin cherche son environnement et ses obstacles
en choisissant la fréquence du clic. Il est amplifié
à travers la graisse fine située sur le
crâne : le melon. En effet, le crâne du dauphin
et la mâchoire inférieure possèdent
de vastes dépôts de graisse parfaitement
structurés et de compositions chimiques différents
des autres parties du corps. La forme de ces « coussins
» adipeux contient des grandes quantités
d’énergies qui provoquent des transformations anatomiques
majeures.
Une grande concentration d’amas se trouve dans le «
melon ». C’est grâce à cette «
lentille acoustique » située sur son sillon
frontal que les Odoncètes créent l’ensemble
des ondes acoustiques, indispensables aux procédés
d’écholocation. C’est grâce au melon que
le dauphin amplifie les sons produits par les sacs aériens
avant de se propager dans l’eau.
Le schéma suivant (document g) de l’Encyclopédies
Cousteau, Message invisibles des éditions Robert
Laffont, Le Monde des Océans (1976), montre le
fonctionnement du sonar. Les clics sont émis par
le melon et réceptionnés par la mâchoire
inférieure jusqu’au cerveau. Le dauphin peut choisir
la fréquence de ses ondes acoustiques selon la
réponse de l’écho.
3. Les Fréquences
Les dauphins modulent leurs clics sur des fréquences
adaptées aux données qu’ils souhaitent obtenir.
La bande fréquence s’étend entre 100 Hz
et 300000 Hz ou plus (pour le Plataniste de Gange (Platanista
gangetica) sa fréquence s’étend jusqu’à
330000 Hz.
Pour obtenir une « vision large », les dauphins
utilisent de grandes longueurs d’ondes et pour une «
vision rapprochée », c’est à dire
les détails, des petites ondes.
Les fréquences des ondes acoustiques produites
permettent de recueillir un maximum de données
concernant la proie et son environnement.
Les recherches en acoustiques ont commencées
dans les années 60. Ils ont démontré
que les signaux d’écholocation étaient des
impulsions d’une durée de 1,2 milliseconde en moyenne.
Chaque scientifique qui souhaite capter les sons de
cétacés est obligé de trouver la
fréquence exact. Sans ça, il capterait différents
dauphins et baleines et n’isolerait pas le son recherché.
Dès que l’animal a choisi sa cible, on aura une
augmentation de la cadence d’émission en fonction
de la distance de l’animal et la cible.
Cette étude des réactions comportementales,
les facultés d’adaptation et les résultats
améliorés grâce aux différentes
fréquences, sera développé dans la
partie « Faculté du dauphin en partie C)III)
».
En attendant, lorsque les « clics » sont
envoyés sur une proie ils vont revenir sous forme
d’écho. Cette réponse est indispensable
à l’écholocation.
2) L’Echo
Dans ce mot « écholocation », on
retrouve le mot « écho », c’est à
dire renvoyé ou rebondi sur un obstacle.
Nous avons vu que les dauphins émettaient leurs
clics en permanence pour connaître leur environnement
et la proie et peu pour la communication.
Les ondes qui touchent l’obstacle sont renvoyés
sur la mâchoire inférieure du dauphin.
Les dépôts de graisse situés dans
le melon (voie la partie « clics » en C)I)2).)
se trouvent aussi dans cette mâchoire inférieure.
Elle contient deux sillons de « coussins adipeux
» jusqu’à l’oreille interne. C’est grâce
à ces graisses que les émissions sonores
parviendront au cerveau. Cette mâchoire inférieure
est physiologique et bio chimiquement unique. Le temps
de la transmission du message entre la mâchoire
inférieure et le cerveau est nécessaire
à la localisation de la proie. Elle joue le rôle
d’un récepteur des ondes acoustiques qui les transmet
à l’oreille interne puis le nerf auditif et enfin
le cerveau.
Si le dauphin désire savoir plus sur la réponse
d’un écho, il augmentera sa fréquence d’émissions
des clics pour permettre d’obtenir une meilleure définition.
L’écholocation n’est efficace que si le dauphin
analyse et capte le signal d’écho immédiatement
avant le coup suivant soit émis. L’information
de la distance entre le dauphin et l’obstacle sera donnée
par la comparaison des intervalles de temps entre les
écho successifs ou la réception de l’écho
précédent.
Le document h. montre les différents fréquences
émises par un écho renvoyé par un
dauphin et celui d’un obstacle sera donné par la
comparaison des intervalles de temps entre les échos
successifs ou la réception de l’écho précédent.
Le document h. montre les différentes fréquences
émises par un écho renvoyé par un
dauphin et celui d’un obstacle (document tiré du
Règne Animal, magazine de 1994).
Le dauphin analyse chaque onde et décide de son
comportement. Par exemple, dans le cas d’un prédateur,
le dauphin prendre la fuite, mais si c’est une proie intéressante,
le dauphin décide de l’attraper.
Mais l’écholocation analyse soigneusement et
possède beaucoup de faculté. L’explication
se trouve dans cette dernière partie du rapport.
3) Les Facultés du Dauphin
Comme on a pu le voir, le dauphin émet des clics
en continu sur les proies et l’environnement qui reviennent
sous forme d’écho. Cette écholocation donne
beaucoup d’informations.
a. Réponses et fréquences :
Les fréquences changent lorsque la réponse
d’un clic est intéressante. En effet, lorsque le
dauphin décide d’obtenir des précisions
sur sa proie par exemple, il va focaliser de ses clics
sonores sur sa cible. C’est en bougeant la tête
que le dauphin effectue un véritable « balayage
complet » sur sa cible.
La fréquence de ses signaux s’accroît au
fur et à mesure que le dauphin s’approche de la
cible et la distance des clics diminue. Les hautes fréquences
et petites longueurs déterminent la structure «
externe » et « interne » de la cible.
On sait que lorsque le dauphin augmente sa cadence d’émission
d’impulsion d’écholocation, la courbe de fréquence
de la distance animal – cible est une demi – courbe en
cloche. Elle atteint son sommet à l’approche de
la cible et diminue ensuite après l’avoir mangé.
Cette allure de la courbe doit être une caractéristique
importante du processus d’écholocation.
Il est possible aussi qu’après la capture de la
proie, nous ayons une stabilisation de la cadence des
impulsions à un minimum de quelques dizaines d’impulsions
par seconde par rapport au nombre de 30 fois selon les
espèces (voir l’étude des sons et du comportement
du dauphin C)I°1.c).
De plus, depuis quelques années, on a découvert
que les dauphins utilisaient la fréquence de leur
sonar pour tuer le dauphin ou semer la confusion au sein
d’un banc de poissons. Cette technique est souvent utilisée
par les orques (Orcinus orca) dans la région de
Vancouver, en Colombie Britannique, pour la capture des
saumons.
b. La notion de « distance »
Dans les années 60, les travaux de deux scientifiques
« J-C Levy » et « A.Dziedzic »
montraient que les dauphins concevaient l’idée
de distance. Justement, le dauphin peut faire une synthèse
ce qu’il voit et en dégager la notion de distance
pour se donner une représentation « géométrique
»de l’espace dans lequel il évolue. Il élabore
des programmes complexes pour prendre le chemin le plus
court et atteindre son but.
c. La mémoire
L’autre faculté du dauphin, est d’être capable
de retenir pour une certaine durée, en la
raison de la puissance du signal d’émission grâce
à une mémoire.
Cette mémoire garderait selon le système
de réception un « modèle » des
échos attendus
identiques au signal émis. C’est une comparaison
entre le signal reçu et une « copie »,
faisant partie de son dictionnaire enrichi de toutes les
rencontres et expériences passées.
Il dispose ainsi de critères de classification
lui, permettant de choisir son itinéraire.
Cette faculté de mémoriser la topographie
du terrain, par exemple, permet au dauphin de reconnaître
l’endroit favorable à la chasse ou la route des
grandes migrations.
d. L’échographie
Le sonar du dauphin est si perfectionné qu’il
peut obtenir une « échographie » de
l’animal
visé et de reconstituer son film d’images sonores
détaillés.
L’échographie qu’on utilise en hôpital
pour les femmes enceintes ou les opérations est
très loin de l’image obtenue par le dauphin en
trois dimensions !
e. Nombreuses facultés
? le dauphin peut distinguer le poisson vivant du poisson
mort ou en plastique
? il peut avoir ainsi avec ses oreilles dans l’eau la
plus trouble ou dans les profondeurs pour chasser
? il peut déceler un fil de fer de 0.2 millimètres
de diamètre et l’éviter
? le dauphin fait la différence entre une pièce
de cuivre et une autre de même dimension en aluminium
? son système de sonar fonctionne selon l’effet
« Doppler », c’est à dire qu »il
évalue la différence entre l’ordre d’émission
et l’ordre de retour
? le dauphin peut reconnaître chez un individu :
ses émotions, sa peur, sa sérénité
ou ses amours
? les dauphins connaissent notre sexe, n’ont aucun mal
à distinguer un bébé dans le ventre
d’une femme enceinte ainsi que tous les autres détails
de notre anatomie (contenu de l’estomac, tumeur, prothèse,
etc…)
? il perçoit la joie, la timidité, la peur,
les sensations de froid et de la chaleur, autant d’indications
qui leur sont renvoyées en image holographique
défiant les échographies et les scanners
les plus perfectionnés
? certaines personnes disent même que les dauphins
lisent dans nos pensées
? les informations obtenues du sonar ne concernent plus
la forme mais les moindres détails de la structure
visée, y compris la matière. Des expériences
récentes tendent à démontrer qu’en
visionnant le cœur battre, les poumons et même le
débit sanguin, le dauphin peut évaluer le
degré d’émotion de son vis-à-vis
et anticiper ses réactions
? son cerveau s’est développée très
rapidement pour créer une écholocations
qui requiert un traitement complexe des informations reçues.
Cette organe est dévolue au stockage et à
l’analyse des données qui affluent en permanence
? lorsque nous produisons en montagne un « écho
», nous sommes incapable d’évaluer la distance
ni sa forme. Toutes choses égales, le dauphin peut.
? il photographie le paysage grâce à son
ouie et connaît la texture de la roche et de ses
végétaux
? dès que les ondes acoustiques reviennent à
l’envoyeur, elles sont analysées par le cerveau,
qui se compose une image précise de l’environnement
en décodant mille informations annexes. Par exemple,
le fait que les clics aient pu être déformés,
réfractés ou en partie absorbés
? la « géométrie » d’un obstacle
semble avoir une influence importante sur l’acuité
de détection
? on sait que le dauphin augmente la cadence de ses émissions
au fur et à mesure qu’il se rapproche d’un obstacle
ou d’une proie. C’est une nécessité pour
l’animal d’augmenter la précision de la localisation
quand la distance qu’il en sépare d’une cible donnée,
diminue, et ce n’augmentant le nombre d’informations par
unité de temps. Cet accroissement serait alors
directement lié à la précision de
détection
? le dauphin observe sa proie et reconnaît dans
son mouvement, une certaine configuration « spatio-temporelle
» qu’il rapprochera de celle qu’il a déjà
connue et possède en plus de celle de suivre d’une
façon continue son objectif et de corriger son
mouvement.
Bref, le dauphin est capable de tout savoir grâce
à l’écholocation.
D) CONCLUSION
Ce qui était dit avant et ce finalement ce qui
est le plus remarquable, c’est la capacité d’adaptation
du dauphin à des situations très variés.
Son sonar est une parfait adaptation au monde marin et
repose en permanence sur deux points :
- possibilité de créer une série
de « clics » pour recevoir en continu un «
écho »
- possibilité d’effectuer la synthèse du
signal reçu et de choisir entre la chasse ou la
fuite, de reconnaître l’environnement ou la topographie
du milieu et tout ceci dans un temps record.
La quantité d’information est énorme et
mémorisée.
Il en résulte que pour des signaux (les ultrasons)
qui répondent à certaines caractéristiques
bien définies, de tels systèmes peuvent
constituer de récepteurs dotés d’une sensibilité
et d’une précision qui ne saurait atteindre aucun
dispositif de fabrication humaine.
Le comportement du dauphin était toujours visuel
et jamais acoustique. Pourtant, je pense que l’on peut
beaucoup apprendre sur l’acoustique des cétacés
et particulièrement des odontocètes.
Dans les années cinquante commencèrent
les premières études comportementales et
acoustiques des dauphins. Les recherches et les expériences
faites en captivité apportèrent les premières
conclusions. Mais à quel prix ? Des dauphins capturés
et séparés de leurs groupes dans des conditions
horribles (sans oublier le nombre de morts !) pour satisfaire
quelques scientifiques et découvrir qu’enfin tout
était abusé.
De nos jours, des personnes pensent alors qu’il est intéressant
d’observer en « captivité » sur le
plan comportemental et acoustique ? Je ne suis pas d’accord
et je trouve que c’est une idée fausse. Je pense
plutôt que ce sont des gens qui ne veulent pas observer
en pleine mer pour différentes excuses : trop cher,
distances lointaines, dauphins pas assez proches, etc…
Et pourtant, chaque année des associations cherchent
des personnes pour observer les baleines et les dauphins
dans le sud de la France et dans le monde. De plus en
plus naissent des organismes pour des volontaires ou des
bénévoles qui permettent de trouver un travail
permanent sur le terrain.
En tant que stagiaire, je trouvais que c’était
utile de partager mes connaissances sur l’écholocation
et ne pas reprendre un sujet classique : « interaction
homme-dauphin » ou « comportement d’un dauphin
», etc…et que l’équipe du délphinarium
n’apprenne rien de nouveau.
Bref, mon rapport était un début sur les
études à entreprendre sur le sonar et l’acoustique
des odontocètes.
A suivre.
BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES
Voir partie « Bibliographie »